Danish Girl

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    TROUVER LE COURAGE DE S'AIMER SOI-MÊME - Adepte de la métamorphose, Eddie Redmayne (Oscar du meilleur acteur pour Une merveilleuse histoire du temps) s'allie avec Alicia Vikander (lauréate de l'Oscar du second rôle) et le réalisateur Tom Hooper (signataire du film lauréat de quatre Oscars Le Discours d'un roi) pour nous livrer un biopic dramatique poignant, poétique et plein de tendresse, sur l'histoire incroyable de l'artiste transsexuelle Lili Elbe, née Einer Wegener, qui fut la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle, en 1930. Dans la peau de cette transsexuelle, Eddie Redmayne éblouit.
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    Synopsis du film Danish Girl

    Tiré du bestseller de David Ebershoff et réalisé par Tom Hooper (Oscar du Meilleur Réalisateur avec Le Discours d'un roi, 2010 ; Les Misérables, 2012), THE DANISH GIRL retrace la remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener (Alicia Vikander, récemment vue dans Ex Machina de Alex Garland, 2015) et Lili Elbe, née Einar Wegener (Eddie Redmayne, Oscar du Meilleur Acteur pour son interprétation de Stephen Hawking dans Une merveilleuse Histoire du temps de James Marsh, 2014), l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.

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    MAYDRICK
    Le 27/10/2016
    22 critiques
    Le meilleur moyen pour voir un bon film au cinéma, c’est de choisir au hasard. En termes de probabilités, vous avez beaucoup plus de chances de tomber sur un film qui mérite cette appellation, plutôt que si cela émane d’un choix personnel, donc arbitraire.

    J’aime écouter les conversations devant les salles de cinéma, et capter des bribes de raisons ou d’excuses qui poussent à aller voir tel ou tel film. En premier critère, ce sont les comédiens qui poussent ces spectateurs à se décider. Soit parce qu’ils vouent un culte à un acteur ou une actrice, soit parce qu’ils l’ont vu(e) dans un film qu’ils ont aimé, et ils pensent que le film d’alors ne peut être que forcément bon. C’est le moyen le plus sûr pour être déçu. D’abord parce qu’en général, ces spectateurs optent pour des acteurs médiatiques ou des people. Ce sont rarement ceux qui font des choix artistiques risqués, audacieux qui sont plébiscités. Et quand c’est le cas, ce n’est plus le même public qui va voir leurs films, ce sont déjà des connaisseurs, des passionnés, des cinéphiles. En l’occurrence, un public averti qui sait à quoi s’attendre, qui sait que la déconvenue n’est jamais à exclure, étant donné ce grand précepte inaliénable : l’acteur ne fait jamais le film. C’est le réalisateur qui est le maître d’œuvre de toute la dimension artistique. Les comédiens ne sont que des maillons parmi d’autres. Relisez le magnifique livre de Tay Garnett : « Un siècle de cinéma », dans lequel il propose le même questionnaire à plusieurs grands réalisateurs. Eh bien, tous sont d’accord pour dire que l’élément le plus important dans la conception d’un film, c’est le rôle du metteur en scène. Et aujourd’hui encore, cela n’a pas changé. N’en déplaise à Guillaume Canet : pas de mise en scène, pas de film. [La rédaction me somme d’éclaircir cette référence car ceux qui n’étaient pas à l’avant-première des PETITS MOUCHOIRS, ne peuvent pas comprendre. En effet, ils ne savent pas que ce dernier avait appelé à l’indulgence avant la projection de son film, car celui-ci est, je cite : « un film de potes et pas un film de mise en scène. » Naïveté est parfois mère d’honnêteté.]

    Et la narration reprit.

    Aller voir un film sur le seul nom du réalisateur, voilà tout au plus le seul critère qui pourrait être valable et digne de considération. Encore faut-il avoir déjà une certaine culture quand la majeure partie du grand public ne sait même pas qui a réalisé TAXI DRIVER ! [La rédaction ne m’ayant pas demandé de préciser ce point, je ne le ferai que si on me le demande en commentaire.]

    Le deuxième grand principe est un principe de marketing. « Par le réalisateur de… » « Par le scénariste de… » « Par les producteurs de… » « Par les concepteurs de… » « Avec Machin Truc, oscar du meilleur rôle pour QUELQUE CHOSE IV – UN NOUVEAU RETOUR – PREMIERE PARTIE » quand ce ne sont pas des tweets de @anioup ou de @Drugof-lirry. Dites-vous bien que si ces accroches sont apposées sur des affiches, ce n’est que dans un seul but. Non pas vous renseigner sur la qualité du film (accessoirement cela peut s’avérer, mais allez savoir quand toutes ces accroches se ressemblent et qu’aucune ne fait loi), mais vous attirer dans la salle. Les bandes-annonces et tout attirail publicitaire relèvent de cette même logique.

    Les affiches forment un précepte un peu à part. Les graphistes ne cherchent pas forcément à ce que leur affiche soit belle, mais à ce qu’elle nous interpelle et nous montre le chemin de la salle. A mon sens, la meilleure affiche est celle qui nous laisse vierge de tout repère, je veux dire par là qui n’explique jamais le film. D’un point de vue factuel, ces personnes-là s’apparentent à des maniaques sexuels puisque leur but est de nous déflorer. Pour ce faire, ils ont recours à quelques astuces, notamment au niveau des couleurs : bleu et blanc symboliseront le documentaire animalier, avec la lune ou des nuages en plus vous chercherez à illustrer la pureté ; avec le vert, vous orienterez clairement le spectateur vers la science-fiction ; avec le fond blanc, ce sera la comédie ; réservez les tonalités sombres pour les polars ou les thrillers, le noir pour les films d’horreur ou angoissants, les clairs-obscurs pour incarner la dualité morale du film ; avec du noir et des flammes, vous obtiendrez un film d’action ; cherchez des vagues et vous trouverez des larmes etc. Au niveau de la structure, vous remarquerez qu’un rayon lumineux fend souvent l’affiche d’un film fantastique. Et, bien évidemment, les expressions des personnages sur l’affiche, en disent long sur le genre du film, du sourire complice au regard terrifié. Pour légitimer ces options, ces graphistes se donnent des raisons qui sont les mêmes que se donnent certains producteurs : le recours au public. A savoir : le public a besoin de telle chose, le public recherche ceci, le public a envie de cela, le public veut savoir ce qu’il va voir, le public sera déçu s’il pense voir autre chose… Il faut bien justifier son salaire ! Et je ne dis pas que c’est faux, je dis juste que ce n’est pas démontrable. Avant tout, le public va voir ce qu’on lui donne à voir (et non pas ce qu’on lui dit d’aller voir). Mercredi dernier est sorti STAR WARS : THE FORCE AWAKENS. Avec 1093 copies sur toute la France, le film fera obligatoirement un gros score. C’est mathématique, vous n’y pouvez rien. Mais est-ce que cela prouve quoi que ce soit aux envies du public ? Et qui peut se vanter de les connaître ? On ne les décèle certainement pas avec des sondages. En revanche, on peut très bien orienter les sondages pour répondre à la demande (cachée) du client. [La rédaction bla bla bla… dans les commentaires.] On peut tout à fait se convaincre que le public veut pouvoir s’y retrouver dans les affiches, et prendre appui sur l’idée qu’il sera forcément mécontent si on lui fait croire à une comédie romantique alors qu’il s’agit d’un film catastrophe. C’est une conviction comme une autre et qui vaut donc exactement son contraire. La seule chose qui est sûre, c’est qu’un spectateur sera mécontent s’il paie 12 euros pour voir un mauvais film. Et hop ! Problème réglé avec les cartes illimitées : pour 20 euros par mois, c’est moins grave puisqu’on peut voir tous les films qu’on veut. Ben voyons ! Eh bien, moi, je crois qu’à travers toutes ces techniques, certaines affiches nous guident de manière tout à fait délicieuse. Encore faut-il les regarder et leur attribuer bien plus que le rôle informatif qu’elles jouent. C’est une composition qui touche, un mystère qui titille, une simplicité qui enchante, un sens caché qui intrigue… Tout ce qui est de nature à éveiller un sentiment profond, à solliciter une curiosité est un déclencheur beaucoup plus fiable que toutes les raisons spirituelles qui peuvent prévaloir. Et je pense même qu’il existe une racine commune avec le hasard dans tout cela. Je crois qu’il y a beaucoup plus de satisfaction à retirer d’un film qu’on va voir parce que son affiche nous a touchés (et non pas attirés), ou tout simplement parce qu’on a choisi ce film au hasard. Chacun sa religion. Choisir au hasard c’est l’assurance de découvrir des films d’horizons différents, et c’est aussi l’assurance d’avoir de belles surprises. Alors, c’est sûr, on voit aussi des films qui ne nous plaisent pas. Mais n’est-ce pas déjà le cas ?

    Je préconise donc le tirage au sort. Ou choisir par ordre alphabétique. Ou en fonction des numéros du Loto. Un truc qui marche pas mal : selon l’alignement des astres. Aujourd’hui Neptune, la prochaine fois Vénus… La rédaction me souffle qu’avec une baguette de sourcier on obtient aussi de bons résultats. Je crois qu’elle se fout de moi.

    Le hasard a cette grande vertu de vous faire arriver complètement vierge devant un film. Et ne rien savoir d’un film c’est la méthode idéale pour le prendre pour ce qu’il est. Le même œil pour tout type de film. Définitivement.

    Alors, nous voilà à l’avant-première de THE DANISH GIRL sans savoir de quoi il retourne et c’est délicieux. Nous supposons vaguement qu’avec un titre pareil, tout doit se jouer dans quelque contrée scandinave. Ou pas. Après tout, nous sommes peut-être tout simplement trop embourbés dans des préjugés primaires.

    Ne rien savoir d’un film, nous permet d’avancer pas à pas et d’apprécier comment le réalisateur se plaît à jouer avec nous. Aller de découverte en découverte, se faire surprendre, ne pas anticiper, se faire prendre à contre-pied, solliciter notre imaginaire, parfois notre intellect aussi… En tout cas, ne jamais s’attendre à un autre film.

    Et puis, quelquefois, cela peut avoir l’effet inverse. Vous ne savez rien et, tout à coup, vous savez tout. Je ne parle pas là de comprendre quoi que ce soit, non, je parle bel et bien de savoir exactement dans quel sens ira le film, un sens dont il ne déviera jamais, et une ligne narratrice qu’il ne quittera pas. Partant de là, vous savez quels seront les grands moments du récit, les passages obligés, les figures de style, les tonalités majeures, les remous passagers et la signature au bas de la page. Voilà le pitch de THE DANISH GIRL.

    En guise de signature et le générique faisant office de bas de page, nous apprenons très vite que Tom Hooper tient le stylo. Ca y est, nous voilà bien, nous sommes déflorés ! Souvenirs qui reviennent à vive allure : LES MISERABLES est ce que nous avons vu de pire en 2013, et THE KING’S SPEECH est une petite œuvre sans éclat. Il n’y a guère que THE DAMNED UNITED qui pouvait faire illusion. Bref, accrochons-nous, il risque d’y avoir du sport, diraient certains, alors que s’il y a du sport ça sera déjà bien, rétorquerons-nous. Et finalement, THE DANISH GIRL c’est un peu l’opposé du sport, du muscle, des vestiaires et du fennec.

    D’abord, le film amorce très vite son entreprise de défloraison. C’est simple, dès qu’Eddie Redmayne revêt des bas et se travestit, tout est dit dans les grandes lignes. Il faut préciser que les minutes qui ont précédé cette séquence ont tracé un sillon que le film ne fera qu’approfondir. Par sa mise en scène sans idée, son absence de montage ou ses interprétations trop décelables, THE DANISH GIRL nous aiguille sans ambages vers la platitude d’un film attendu, lisse et sans égard pour son sujet.

    Le film s’ouvre sur des plans d’extérieur. Quelque chose marque. Les images sont d’une précision assez stupéfiante. Je ne sais pas avec quelle caméra ils ont tourné, mais je trouve le rendu assez exécrable malgré la définition. Vous voyez, un peu comme des photos prises avec un Iphone, ce genre de qualité. Une image assez « bruyante » en quelque sorte. C’est vraiment très laid. L’autre aspect est que ces plans n’évitent pas l’effet carte postale. Dans un cadre 1.85 très anonyme, leur composition très sommaire n’évoque rien, si ce n’est leur utilité purement informative. OK, nous sommes à Copenhague. Merci de conforter nos préjugés. Et ces plans reviennent régulièrement dans le film avec toujours la même fonction inutile et la même joliesse caractéristique. Vu l’abus qui en est fait nous avons l’impression que ces plans ne servent qu’à mettre en avant la prouesse technologique de l’objet. « Tu as vu mon nouvel appareil comme il fait de belles images ? »

    Comme je le disais précédemment, tout est constamment prévisible et téléphoné. Cela tient à un manque d’audace de la mise en scène pour s’éloigner du script. Nous sommes là en plein film de scénario. Tom Hooper film exactement ce qui y est écrit sans s’en démarquer une seule seconde. Alors, le film se déroule comme nous sommes en droit de nous y attendre. Aucune rupture. A aucun moment le scénario n’a un temps d’avance sur le spectateur. C’est même l’inverse. Il n’y a pas de pierre d’achoppement, pas de rupture, rien qui ne parvient à gripper les rouages, à amener de nouveaux horizons pour décaler la narration et impulser un nouveau souffle. Le réalisateur se repose sur l’originalité de son histoire et néglige les leviers de mise en scène. D’ailleurs, c’est le règne du plan rapproché. Gros plans et plans rapprochés en surabondance. Ca évite de spatialiser et de créer une once de lyrisme. C’est zéro grâce, zéro poésie, zéro émotion. Tout le monde fait bien son boulot. Les costumes sont tirés à quatre épingles. Même la patine des décors paraît ultra-travaillée. Pas un cheveu qui dépasse. Même quand ceux d’Alicia Vikander semblent en broussaille, ils sont finalement très ordonnés. La photographie tire sur l’évanescence, du coup elle génère peu de contrastes, et, en dernier lieu, tout cela aboutit à un téléfilm. Un téléfilm de luxe, certes, mais un téléfilm d’après-midi tout de même.

    Du coup, c’est un peu vache pour Melanie Oliver, qui n’a plus grand-chose à faire que du collage de scènes, tant elle ne possède pas de matière pour dévier de ce qui est écrit. C’est le jour et la nuit entre ce film et COSMOS, le dernier Zulawski, où on voit tout ce que le montage permet de faire. Zulawski a complètement réécrit son film au montage. Il se permet de changer la narration, de la doubler, de faire des sauts chronologiques, de créer des appels d’air, de choisir des scènes ratées, de chercher de nouvelles formes, bref c’est un festival ininterrompu. Où on s’aperçoit qu’un film n’est jamais fini d’écrire. La conclusion de tout cela c’est que la beauté ne se programme pas.

    Dans THE DANISH GIRL, tout ce qui pourrait amener un peu de personnalité, de diversité, voire de subversion semble écarté du film. Même un acteur comme Matthias Schoenaerts semble dépecé et cadenassé. Comme si la sacralisation du film d’époque rigidifiait les personnages. Toute l’étrangeté qu’il amène ou l’animalité qu’il déploie sont ici volontairement gommées. Et ne sont remplacées que par une composition élégante, bien sous tous rapports. Joliment exécuté, appliqué comme tout le monde sur ce film, et, en définitive, entièrement interchangeable. Dans le même ordre d’idée, Amber Heard a plus de latitude car son personnage est plus extraverti, mais c’est une extraversion de bon aloi, rien de bien choquant et même plutôt très convenable. On appelle cela répondre aux exigences du cahier des charges.

    Je trouve que c’est Alicia Vikander qui tire le mieux son épine de la botte de foin. Grâce à son jeu encore un peu vert, elle amène plus de flou autour de son personnage, quelque chose qui émane plus de son jeu d’actrice que d’un dispositif décidé en cours de préparation. Elle seule touche à quelque chose de vrai. Et elle est vraiment parfaite dans chaque moment d’émotion. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, nous l’avions découverte chez nous en 2011 dans TILL DET SOM AR VACKERT de Lisa Langseth. Je vous le recommande chaudement, elle y est formidable.

    Le film se poursuit sous les notes d’Alexandre Desplat, très en mode Richard Clayderman, ce qui ne réveillera personne dans la salle.

    Tom Hooper n’a guère le choix de cet emballage cotonneux, tant il semble inapte à imposer des saillies au cours de son récit. Tout est mis en scène pour que l’histoire soit la moins possible choquante, qu’elle porte le moins possible à controverse. Il en ferait presque passer l’homophobie pour une promenade bucolique dans les jardins de Versailles aux yeux de Christine Boutin. Il passe là à côté ce qui est l’essence même de cette histoire vraie. Pour la pénétrer, il faut pouvoir ressentir le trouble et même avoir une idée du scandale de l’époque.

    Le problème avec ce genre de biopic où une personne lutte contre la reconnaissance, l’oppression ou une forme d’injustice quelconque, c’est que 9 fois sur 10 on nous présente le protagoniste comme un exemple. Impossible de le montrer dans sa complexité, dans ses dualités ou ses paradoxes. Alors que ce qui nous intéresse c’est sa face cachée. Il est forcément bon, plein de bon sens et victime de ses contemporains. Et dans THE DANISH GIRL, Eddie Redmayne n’échappe pas au cliché, faisant lentement glisser le film vers le pathos et le mélo qui ne voulait pas s’annoncer en tant que tel. La preuve en est faite par la scène où Tom Hooper filme son comédien uniquement en train de pleurer pendant plusieurs secondes. Quand la mise en scène ne sait pas décrire autrement le désarroi intérieur d’un personnage, alors c’est le seul terme qui s’applique : un mélo bien sirupeux.

    En fait, ce qui est rageant avec ce genre de films, c’est qu’ils ne proposent aucune autre lecture que celle qu’ils nous imposent. C’est donc aussi comme cela que se comprend la logique de ne pas filmer autre chose qui ne provienne pas du scénario. Le film suit une ligne univoque, unidimensionnelle, quasiment totalitaire, qui ne reflète en rien toutes les subtilités de son histoire de départ, et s’éloigne de toute vérité réelle.

    THE DANISH GIRL souffre d’être livré dans un trop bel écrin. Ce dernier prend tellement de place que le film n’en a plus pour lui-même. Nous sentons trop la maîtrise à tous les postes de fabrication. Que ce soient les costumes qui font des défilés, où l’acteur principal qui fait une performance, le spectateur a l’impression de déambuler dans un musée. Drôle de paradoxe pour un film qui essaie de faire naître une vie. Le sentiment de perfection est omniprésent. Et la perfection c’est ce qu’il y a de plus déplacé, obscène et malhonnête. Allez voir le film pour découvrir tout ce qu’il a d’inabouti dans le traitement de son sujet, tout ce qui lui manque de vérité, tout ce qu’il a de convenable et de bien pensant, tous les registres qu’il n’ose affronter, les parti pris qu’il n’ose prendre, toutes ses audaces avortées, et d’une manière plus générale tout ce qu’il a de parfait. Il n’a de cesse de vouloir devenir un grand film. Et comme tous ces films trop polis pour être honnêtes, trop parfaits dans leur quête, ils ne finissent par aboutir qu’à la définition du film raté par excellence.

    Site web:  http://maydrick.over-blog.com/2015/12/the-danish-girl-de-tom-hooper-2015-royaume-uni-allemagne-etats-unis.html
    tinalakiller
    Le 29/01/2016
    378 critiques
    The Danish Girl est tiré du roman éponyme de David Ebershoff, publié en 2000, lui-même étant inspiré de la véritable histoire de Einar Weneger, un artiste peintre danoise qui deviendra plus tard Lili Elbe. En effet, elle rentra dans l’histoire pour être devenue la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Depuis, certains spécialistes pensent que Lili Elbe était plutôt une personne intersexuée. Je viens de lire sur quelques sites la biographie de Lili Elbe qui a eu une vie très riche et son changement de sexe a apporté quelque chose d’important à la fois pour la science et la communauté transgenre. Il faut d’ailleurs savoir qu’à l’époque (et ça, cette information qui semble pourtant importante, en tout cas intéressante par rapport à la réflexion qui aurait dû se mettre en place), le roi du Danemark Charles X avait annulé le mariage de Einar Weneger et Gerda Gottllieb, ce qui a permis à Weneger de devenir Lili Elbe officiellement, au point de recevoir un passeport à son nouveau nom. Bref, une vie passionnante mais hélas pas elle n’a pas droit à un film passionnant. Déjà quand on romance à ce point certains passages qui auraient pu pourtant avoir leur place (parce que je n’ai rien contre la modification des faits si ça peut apporter quelque chose de mieux d’un point de vue artistique ou dans le propos par exemple), on ne peut que s’inquiéter. Je n’ai rien contre Tom Hooper dont j’aime parfois son travail (Le Discours d’un Roi, The Damned United) même s’il a fait aussi des films parfois pas terribles (Les Misérables, Red Dust). Beaucoup lui reprochent son académisme. Personnellement, son académisme n’est pas ce qui me dérange en réalité même si je préfère évidemment les réalisateurs audacieux. Disons que son académisme peut avoir sa place dans certains types de film. En tout cas, même pour The Danish Girl, ce n’est pas forcément ça qui m’a gênée, même si je dois avouer que la mise en scène en question n’arrange rien. Mais bon, le travail reste pas trop mal fait, je ne m’attendais pas de toute façon à autre chose, surtout face à un biopic très hollywoodien.
    Après, il serait temps que Tom Hooper comprenne que sa mise en scène académique (qui n’a vraiment pas changé d’un poil depuis Le Discours d’un Roi) ne peut pas s’adapter à tous les films. Bref, c’est académique mais encore ce n’est pas ce qu’il y a de plus dérangeant, même si ça manque clairement d’ambition de ce côté et que le résultat en prend sérieusement un coup. Peut-être que le film a été très mal vendu. Personnellement, je voulais voir un film sur la transsexualité, ce que ça fait de changer biologiquement pour pouvoir retrouver sa véritable identité, ce que ça fait même de ne pas être né dans le bon corps et également ce que ça fait de rentrer dans l’Histoire suite à une demande intime. Evidemment qu’un tel changement implique forcément des choses auprès de son entourage, évoqué ici avec l’épouse Gerda. Cela dit, on peut évoquer les relations autour tout en se concentrant sur son sujet principal. Or, The Danish Girl est en réalité une sorte de sous-Laurence Anyways. On aime ou on n’aime pas ce film mais Dolan avait au moins le mérite de traiter la question de l’impossibilité amoureuse (et de mettre en avant Fred, la compagne du Laurence du titre) tout en prenant réellement en compte la métamorphose de son personnage principal : je n’ai pas eu l’impression que Fred « bouffait » Laurence. Or, en reprenant ce type de schéma, la scénariste Lucinda Coxon a fini par oublier le personnage principal ce qui plombe totalement le film. En effet, ça devient pratiquement une sorte de Gerda show et c’est pour moi hyper gênant. Le scénario est complètement obsédé par cette femme au point qu’on se demande si ce n’est pas Gerda la Danish Girl du titre ! On a l’impression que la scénariste ainsi que le réalisateur, peu à l’aise pour s’attaquer à un tel sujet, se foutent totalement de Lili, de son sort, de ses sentiments. Le scénario tourne un peu trop autour des tourments égoïstes de Gerda (oui, parce que, contrairement à ce que j’ai pu lire, je n’ai pas trouvé qu’elle soutenait réellement Lili ni qu’il y avait un amour fort entre les deux). En tout cas, il ne faut pas s’étonner de lire certaines critiques qui vantent plus l’interprétation d’Alicia Vikander que celle d’Eddie Redmayne.
    Pour ma part, je ne pense pas que l’interprétation de Vikander soit si géniale que ça. L’actrice n’est pourtant pas mauvaise même si son interprétation ne m’a pas bouleversée plus que ça. Quant à Eddie Redmayne, beaucoup ont dit qu’ils minaudaient (attention, je ne juge pas, chacun a le droit d’avoir son avis !). Certes, son interprétation n’est pas aussi forte que celle qu’il nous a livrée l’année dernière dans Une merveilleuse histoire du temps (et qui lui avait permis de remporter son Oscar), mais je trouve que Redmayne essaie tout de même de donner une humanité à son personnage qui en manque hélas encore une fois faute à un scénario qui n’a pas l’air de se préoccuper plus que ça de cette personne. Dans l’histoire, le spectateur devra attendre un trop long moment pour voir le film aborder le sujet de l’opération (et on y passe trèèès rapidement). Alors, certes, je ne voulais pas voir un film sur la chirurgie, on est bien d’accord, mais survoler ce fait m’a tout de même gênée dans le sens où je pense que ça aurait pu réellement apporter un plus par rapport au sujet et à toute la réflexion qui aurait pu se mettre en place. La mise en scène, bien qu’elle ne soit pas très inspirée, reste à peu près correcte, l’esthétique est également soignée et Alexandre Desplat fait également du bon boulot même si on ne retiendra pas nécessairement la musique en sortant de la salle. Hélas, malgré ces quelques qualités, l’ensemble parait tout de même vraiment froid, voire même carrément figé (est-ce lié à la peinture ?). Ce n’est même plus de la pudeur à ce stade-là. Ca manque cruellement d’émotion alors que les personnages subissent un réel bouleversement. On les voit pleurer toute la sainte journée mais on ne ressent rien pour eux. Pire, malgré quelques répliques calées à droite et à gauche, on ne comprend pas les réactions des personnages. On a l’impression que tout est souffrance, même quand Lili va enfin pouvoir devenir celle qu’elle a toujours voulu être. Bref, l’émotion a quelque chose de superficiel et il m’est même arrivé de m’ennuyer (le début est d’ailleurs trop long à démarrer). Bref, en dehors de ses qualités techniques et d’un bon sujet à l’origine mais hélas gâché par un scénario maladroit qui ne prend pas un bon angle selon moi, The Danish Girl passe à côté de ses objectifs et est hélas trop insipide pour convaincre.

    Site web:  http://tinalakiller.com/2016/01/29/the-danish-girl/
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